- Ludovic LEPELTIER : Président
06 09 22 16 93 - lepeltier.ludovic@wanadoo.fr
- Wilfried SCHWARTZ : Secrétaire général
Chargé des Conférences en universités et des cafés débats
wilschwartz@hotmail.com
- Emmanuel PAIRIS : Trésorier
emmanuelpairis@yahoo.fr
- Betty BOUVEUR
Vice-présidente
Chargée des Relations avec la presse, des contacts ERASMUS et SVE
bouveurbetty@hotmail.com
- Cyrille JEANNEAU
Vice-président
Chargé des voyages et des séminaires internationaux
citadin@wanadoo.fr
Ainsi que deux délégués :
- Vincent TISON
Délégué auprès du Président
Chargé des Etudes et de la pédagogie
- Mohamed MOULAY
Délégué auprès du Président
Chargé des relations avec les associations de quartier
Le café européen dédié à la mobilité étudiante du mardi 22 novembre 2005 qui s’est déroulé à la brasserie « Le Continental » à Tours a réuni pas moins de 16 personnes. Parmi elles, des personnes ayant vécu une expérience à l’étranger comme étudiant Erasmus, étudiant européen en France, étudiant français en Europe, mais aussi Cécile Jonathan, élue à la mairie de Tours en charge de la jeunesse ainsi que quelques sympathisants.
Après la présentation de l’association et de ses objectifs par Ludovic Lepeltier (président), Betty Bouveur (vice-présidente) a présenté de manière brève mais complète l’esprit et le fonctionnement des programmes européens de mobilité étudiante, en insistant notamment sur le programme « Erasmus »
« L’Espagne est un pays qui attire parce qu’il fait chaud et on y fait la fête »
Ce programme existe depuis les années 80 et suscite l’envie chez les étudiants de toute l’Europe, avec quelques préférences marquées pour certaines destinations...
En effet, 24.4% des étudiants français vont en Espagne, puis en Angleterre (22.2 %) 13.3 % en Allemagne et 7.3 % en Italie. Victoria, qui a eu l’occasion de faire une bonne partie de ses études au Royaume-Uni a lancé la discussion autour de l’enrichissement personnel que lui avait apporté son séjour. Effectuer ses études dans un autre pays relève avant tout d’une expérience humaine nouvelle et inédite.
Motivations pour le départ : découvrir une autre culture, un autre mode de pensée, d’autres mentalités, bref, une autre manière de vivre sa jeunesse à l’image du film l’Auberge espagnol.
« Partir étudier loin de chez soi, à l’étranger, est une manière de se redécouvrir soi-même ainsi que d’avoir un autre regarde sur sa propre culture »
Le sac sur le dos, le départ de France est à la fois mûrement réfléchi ou se fait sur un coup de tête. Sur place pourtant, le dépaysement n’est pas immédiat : les étudiants français restent entre eux ou au mieux avec les autres étudiants étrangers comme les étudiants Erasmus. L’ouverture vers le pays d’accueil ne va pas forcément de soi. « Tout étranger reste avec sa propre culture » ; « il y a un temps d’adaptation » évoque Victoria.
« A l’étranger, on ressent davantage l’appartenance à son pays » raconte Alexandre, français, qui est allé lui hors d’Europe, au Mexique. Sentîment de renforcement identitaire non partagé par Carlos, étudiant espagnol en France : il affirme au contraire devenir chaque jour un peu plus français...
Pourtant, pour Alexandre, ce même sentiment d’appartenance vaut aussi pour le continent européen : « Au Mexique, quand je rencontrait des Allemands, des Suédois ou des Espagnols, on se sentait vraiment Européens face aux "Gringos" locaux. En Europe on a déjà une relation de voisinage qui prend toute sa définition quand on se trouve loin d’elle. » Victoria confirme que la relation de voisinage existe : « Pour moi les Anglais, c’était les rosbeefs et nous pour eux étions les « frogs », les grenouilles ». S’appeler comme ça entre voisins, quoi de plus normal...C’est plus de l’affection qu’autre chose.
Les périodes de retour chez soi : ...
Le retour à la « maison » en période de vacance est toujours un bon moment mais le poids des parents se fait vite ressentir. « Lorsque l’on part loin, on devient forcément vite autonome, le pays nous manque au début mais on s’y fait vite. Et puis, au quotidien ça n’a rien à voir ! Quand on est en colocation à l’étranger, ça n’est pas la même chose. Les gens peuvent venir vous voir à 2h du matin pour discuter ou sortir au milieu de la nuit. De retour en France à la maison, on perd forcément en liberté ».
Lorsque sonne l’heure du départ définitif, la tristesse et les premiers regrets s’installent. « A la fin, quand on part, c’est dure. On quitte des personnes avec lesquelles on a vécu plein de choses : les anniversaire, les rires, les pleurs, les inquiétudes, les sorties, les cours et tout ça, ça s’en va avec ».
Certaines écoles de commerces organisent des systèmes qui s’apparentent au parrainage. Cela permet de travailler dans la langue locale avec un étudiant de la même filière qui lui, aide par la maîtrise du vocabulaire dans certaines matières.
Victoria relatait la difficulté avec laquelle elle a du s’intégrer en Angleterre. Le contact n’est pas le même et « les Anglais ne font pas la bise », détail anodun mais qui a son importance. On ne s’en rend pas compte en France ou ailleurs en Europe, mais c’est souvent un moyen pratique de nouer le premier contact.
Il persiste beaucoup de lacunes au niveau de l’accueil des étudiants étrangers dans l’ensemble des pays de l’union européenne. En Angleterre, il est difficile de trouver un petit studio individuel. Ils ont des systèmes de maisons réaménagées pour des groupes d’étudiants.
Pour Carlos, « Tours est une petite ville, c’est donc plus facile pour les étudiants étrangers » seulement, « il manque des outils appropriés pour obtenir plus facilement les informations que l’on veut ». Pas facile de se retrouver entre toutes les administrations et devant des foules de papier à remplir parfois... Partir de son pays et arriver dans un autre relevent bien souvent d’un certain parcours du combattant et en découragent plus d’un. Les efforts restent maigres pour encourager les étudiants à avoir une expérience à l’étranger. Les professeurs notamment voient rarement l’intérêt d’envoyer leurs élèves dans un pays européen. L’apport culturel est encore mal cerné par les aînés. « Vous êtes dans une génération « pionnière » car vos aînés ne savent pas encore les atouts qui émergent lorsque l’on part à l’étranger et surtout la richesse de rencontrer d’autres cultures » constate Cécile Jonathan, adjointe au maire de Tours.
De plus, l’harmonisation des diplômes est difficile en Europe : en Espagne l’histoire de l’Art est incluse dans l’histoire alors qu’en France, c’est une spécialité à part entière. Il y a aussi un manque cruel d’information de la part de l’administration universitaire et le problème de savoir à qui s’adresser. « On nous balance d’un guichet à un autre. Personne ne sait répondre à nos questions, dès lors qu’elles commencent à devenir très précises ». L’idée avancée par Ludovic est la diffusion d’un véritable guide de l’étudiant européen sur l’Université François Rabelais, idée qui sera reprise par Wilfried Schwartz (secrétaire général), élu étudiant au sein des instances de l’Université.
En Angleterre, le coût de la vie est élevé alors que dans les pays d’Europe centrale, la vie est bien plus abordable. Pourtant, la bourse reste la même quelle que soit la destination de l’étudiant Erasmus. Ce problème relève de la possibilité de l’accès à tous les étudiants, quelles que soient leurs conditions sociales et leurs pays aux programmes d’échange européens. En France, les étudiants boursiers bénéficient déjà d’aides financieres s’ils veulent tenter l’aventure Erasmus, mais quid d’un Tchèque qui voudra venir en France et qui en sera limité par le fait qu’il percevra de toutes façons moins qu’un Anglais ou qu’un Allemand.
Il serait alors judicieux d’harmoniser les bourses en fonction du pouvoir d’achat du pays d’accueil, ainsi que de permettre à tous les étudiants européens d’avoir accès aux mêmes montants d’aide. Il faut favoriser l’information quant à d’autres aides financières déjà existentes notamment au niveau de la Région Centre.
Comment valoriser son parcours auprès des employeurs ?
« On a joué la carte européenne et quand on cherche un métier qui correspond à notre diplôme, on nous dit qu’on a pas l’expérience. On a beau avoir des diplômes, on se sent frustré »
Se posent ici un certains nombre de problèmes qui méritent une plus ample réflexion de la part de l’union :
Pour une harmonisation réelle des bourses ;
Des logements sûrs pour les étudiants qui partent en Erasmus ;
Un accueil plus encadré des étudiants étrangers et favoriser l’intégration dans les pays d’accueil ;
Des diplômes valorisés partout en Europe ;
Une réelle reconnaissance du séjour Erasmus en parcours d’insertion professionnelle.
L’expérience du débat nous amène à nous poser face à ces difficultés et agir donc, en conséquence...
Dans sa conclusion, Ludovic Lepeltier a ainsi rappelé que les Jeunes Européens formuleront à l’issue de ce débat un certain nombre de propositions à porter au niveau des élus européens, mais aussi au niveau des organisations syndicales et politiques déjà existentes. Le rôle des Jeunes Européens est ainsi rempli : faire de la pédagogie sur les questions européennes et porter des thèmes de débat auprès des acteurs traditionnels de la démocratie européenne.
Compte-rendu réalisé par Betty Bouveur et Ludovic Lepeltier