Les Jeunes Européens France
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  • Faut-il supprimer la Politique Agricole Commune ?

    19 juin, par Xavier Chambolle — Environnement,

    Qu'est-ce que la Politique Agricole Commune (PAC) ?

    La PAC est une politique mise en place à l'échelle de l'Union européenne. Elle a pour mission :

    • d'accroître la productivité dans le secteur (donc de produire plus et mieux avec moins),
    • d'assurer un niveau de vie équitable aux agriculteurs,
    • de stabiliser les marchés,
    • de garantir la sécurité des approvisionnements,
    • d'assurer des prix raisonnables aux consommateurs,
    • de faire respecter l'environnement et le développement rural.

    Ses quatre principaux outils sont le contrôle des prix, les subventions, le protectionnisme (tarifs douaniers sur les produits importés) et le contrôle de la production (quotas, arrachages subventionnés). Il s'agit donc d'une politique économique interventionniste qui vise à remplacer les mécanismes d'un marché libre.

    Comment fonctionne-t-elle et à quoi sert-elle ?

    Comment faire cependant pour assurer des prix raisonnables aux consommateurs, tout rémunérant suffisamment les producteurs et en leur permettant d'améliorer la productivité ?

    La solution est simple : l'UE subventionne les agriculteurs ! Ainsi, tout le monde est content.

    Or l'argent de ces subventions ne vient pas de nulle part, il vient de la poche du contribuable. Or le contribuable est également un consommateur de produits alimentaires…

    On défend le consommateur en évitant d'augmenter la rémunération du salarié ; on défend le salarié en chargeant d'impôts le capitaliste ; on défend le capitaliste en vendant le plus cher possible au consommateur ; et la justice se trouve ainsi d'autant mieux satisfaite que le salarié, le capitaliste et le consommateur, c'est presque toujours le même type. Auguste Detœuf, Propos de O.L. Barenton, confiseur en 1938

    Nous serions donc tenté de répondre que la PAC ne sert à rien. Au pire est-elle simplement une politique de redistribution, s'ajoutant ainsi à tous les autres mécanismes de ce type.

    La question de son utilité pour les Européens est d'autant plus pertinente qu'elle engendre de nombreux problèmes, parmi lesquels :

    • L'affaiblissement de l'agriculture des pays pauvres, car les produits agricoles européens exportés sont moins chers que les produits locaux à cause des subventions. L'aspect ironique de la situation est que le contribuable européen finance cette concurrence déloyale, celle-ci nuit au secteur agricole de ces pays, contribuant ainsi au chômage, que l'Europe tente de combattre là aussi avec des aides financières, chômage qui contribue à l'immigration en Europe, qui elle aussi a un coût (assistance des personnes, surveillance à la frontière, etc.).
    • L'encouragement de cultures inadaptées localement. Par exemple le maïs, plus subventionné que d'autres cultures, mais grand consommateur d'eau notamment. Maïs subventionné dont le prix sur le marché baisse naturellement, ainsi que ses produits dérivés dont le glucose de maïs.
    • La dégradation des relations entre pays membres, la PAC représentant des enjeux colossaux, chaque pays tente de l'orienter à son profit et au détriment du voisin.

    Bien sûr, il ne faut surtout pas oublier de mentionner son coût direct : plus de 40% du budget de l'Union européenne, soit largement plus de 50 milliards d'euros. Évidemment cela ne fait « que » 100€ par an par habitant. Avec 100€, vous pouvez tout de même commander environ 10 paniers de fruits et légumes (bio !) pour 2-3 personnes, ce qui permet donc de tenir plus de 2 mois sur ces denrées. En faisant attention et en tenant compte d'un panier alimentaire plus varié (viande, épices), avec ce même 100€ il est possible de nourrir une personne pendant un mois environ.

    Conséquences de la suppression de la PAC

    Si nous considérons que la PAC est un succès et a permis de remplir ses objectifs, alors sa suppression entraînerait naturellement une situation opposée, à savoir :

    • une baisse de la productivité dans le secteur,
    • une baisse du niveau de vie des agriculteurs,
    • l'instabilité des marchés,
    • l'insécurité des approvisionnements,
    • l'explosion des prix pour le consommateur,
    • un environnement détruit et un monde rural anéanti,
    • 100€ qui restent dans la poche de chaque contribuable européen, chaque année.
    • Ceci est parfaitement théorique. Mais cela semble communément accepté, en tout cas c'est une position largement défendue par la France. Généralement, lorsque vous émettez l'idée de supprimer la PAC, on vous répond avec vigueur : « Mais vous êtes fou ! Le marché sera plus concentré, les petits producteurs se feront bouffer par l'industrie agro-alimentaire, la qualité baissera, la diversité en prendra un coup, les pauvres ne pourront plus se nourrir, etc. ».

    Nous avons tellement été abreuvé par l'État que nous n'imaginons plus nous en sortir sans lui ! C'est dramatique : nous faisons plus confiance en l'État qui organise la production agricole, qu'au marché, c'est-à-dire vous, moi et les autres !

    Alors sortons un instant de ce cadre théorique. Prenons un exemple concret.

    La Nouvelle-Zélande

    La Nouvelle-Zélande avait et a encore un secteur agricole occupant une grande place dans son économie. Dans les années 1980, ce secteur était particulièrement subventionné (3ème rang de l'OCDE). Confronté à une grave crise budgétaire, l'État néo-zélandais coupa massivement dans ces aides, au point qu'aujourd'hui la Nouvelle-Zélande est le pays de l'OCDE qui subventionne le moins son secteur agricole. Certes de nombreuses exploitations ont fermé, incapables de vivre par leurs propres moyens. Le secteur agricole a simplement été assaini, pour le plus grand bien du secteur lui-même, mais également pour celui des consommateurs.

    Plutôt que de détailler les multiples bénéfices de la suppression quasi-totale des aides (restent des aides en cas de catastrophes naturelles, par exemple), citons simplement les Fermiers Fédérés de Nouvelle-Zélande qui transmettent aux pays et agriculteurs du monde entier un message rassurant via leur ambassade :

    L'expérience des quinze dernières années de réformes en Nouvelle-Zélande a complètement détruit le mythe que le secteur agricole ne pouvait prospérer sans aides gouvernementales ; et que l'environnement ne pouvait pas rester sain.

    […]

    La suppression des subventions agricoles s'est révélée être un catalyseur pour les gains de productivité.

    […]

    La diversification de l'utilisation des terres, introduite par la suppression des subventions, a été bénéfique pour les exploitants et a augmenté la taille et l'éventail du secteur agricole néo-zélandais ; alors que de nouveaux produits innovants ont été développés.

    Exploiter en Nouvelle-Zélande continue à offrir un revenu assez conséquent afin d'assurer un retour sur capital similaire à d'autres pays et un bon standard de vie.

    Les agriculteurs ne sont plus à la recherche de subventions, cherchant une production maximale à n'importe quel coût. Les agriculteurs maintiennent des structures de coûts, reflétant les capacités réelles des revenus de leurs fermes. Ils investissent dans la protection de leur environnement, et la valeur de leurs terres est basée sur leur capacité de revenus sur le marché.

    Avec l'arrêt des subventions, les pratiques agricoles sont désormais menées par les demandes du marché et des consommateurs.

    […]

    La Nouvelle-Zélande a également profité de bénéfices environnementaux. La qualité de l'eau s'est améliorée ; de plus, les gâchis dus aux subventions ont stoppé. […]

    Des prédictions annonçant qu'une grande proportion des agriculteurs quitteraient leurs terres ne se sont pas réalisées.

    […]

    Une grande majorité des coûts de production agricoles sont désormais plus bas. Des réformes introduites dans d'autres domaines économiques ont réduit les coûts agricoles et accru la compétitivité de l'économie du pays en général. Des exemples à citer incluent la dérégulation des marchés de l'emploi et des transports ; ainsi que la réduction des taxes d'importation sur les charges agricoles.

    […]

    il n'y a pas eu d'effort substantiel de la part du gouvernement afin de soulager les conséquences de la transition.

    […]

    Sur le long-terme, les dommages apportés à l'agriculture néo-zélandaise par les subventions furent importants. Les subventions restreignaient l'innovation, la diversification et la productivité en corrompant les signaux et nouvelles idées des marchés. Cela amena un gaspillage des ressources et un impact négatif sur l'environnement. Une grande part des agriculteurs de pâture avait une exploitation, en effet, dans le seul but d'obtenir les subventions.

    L'arrêt des subventions en Nouvelle-Zélande a donné naissance à une économie rurale vibrante, diversifiée et durable. Les agriculteurs néo-zélandais sont fiers de leur indépendance et sont décidés à ne jamais plus être soumis aux subventions gouvernementales.

    Cela semble clair. Alors on nous rétorquera que la Nouvelle-Zélande est un petit pays… Mais l'agriculture de ce petit pays est excessivement tributaire de ses exportations vers le monde entier ! Et il a conclu de multiples accords de libre-échange… Ce qui n'est pas sans rappeler notre Zone Schengen qui créé un environnement similaire.

    Qu'attendons-nous pour supprimer la PAC ?

    Nous attendons que nos parlementaires gagnent leur indépendance vis-à-vis des lobbies de Bruxelles (un siège permanent à Strasbourg aiderait).

    Nous attendons que la France cesse de défendre mordicus cette maudite politique agricole commune, qu'elle fasse son deuil de Colbert.

    Nous attendons que les responsables politiques aient le courage de dire la vérité aux Européens (la PAC ne sert a rien, est coûteuse et nuisible) et admettent que nous n'avons pas besoin d'eux dans ce domaine (notamment !).

    Nous attendons que l'Union européenne respecte le principe de subsidiarité (la responsabilité d'une action publique, lorsqu'elle est nécessaire, doit être allouée à la plus petite entité capable de résoudre le problème d'elle-même) et acte le fait que cette politique n'est clairement pas nécessaire.

    Bref. Nous allons attendre longtemps. Et ce d'autant plus que les fédéralistes ne luttent pas avec force contre les mauvaises politiques de l'Union européenne.


  • A l’aide ! Soutenez cette initiative citoyenne, pour la gestion responsable des déchets, mais aussi pour l’avenir de nos démocraties

    18 juin, par Gaël Drillon — Associations,

    Depuis avril 2012, les citoyens peuvent agir auprès de la Commission européenne pour porter des sujets dans l'agenda politique de l'union, grâce au dispositif d'initiative citoyenne européenne (ECI).

    C'est ce dispositif que 7 citoyens de 7 pays de l'Europe ont choisi d'utiliser pour conduire la Commission à légiférer sur des modalités de gestion responsable des déchets et contre les incinérateurs.

    En effet, la question des déchets est aujourd'hui essentielle dans le cadre de la protection de la santé et de notre écosystème.

    Deux facteurs sont à considérer pour comprendre cette situation. En amont, les systèmes de production génèrent énormément de matériaux inutiles qui n'ont que seule vocation à devenir déchets. Le cas des sur-emballages est le plus important, mais les matières mêmes utilisées pour les emballages sont encore trop polluantes alors que des molécules biodégradables existent ou que des composants recyclables pourraient être utilisés. En aval, c'est le tri des déchets qui reste beaucoup trop timide. Les moyens mis en oeuvre pour augmenter la part du tri dans la production des déchets sont faibles, en terme d'équipements urbains, de sensibilisation et d'éducation des populations, et aussi de fiscalisation des abus (pesée embarquée).

    En bout de chaîne, les filières de traitement des déchets doivent donc absorber tous les rejets de notre société de consommation, une masse beaucoup trop importante de polluants inutiles. Et l'incinération de ces mêmes déchets accentuent les risques par l'émission de très nombreux polluants cancérigènes. De plus, les filières de gestion des déchets, lorsqu'elles sont privatisées, impactent directement les taxes supportées par les citoyens… alors que d'autres alternatives pourraient renforcer une économie publique solidaire et moins contraintes.

    Au delà des 7 propositions concrètes formulées à la Commission (voir sur le site www.ice.id.st), les citoyens engagés dans le projet espère aussi prouver qu'une autre démocratie est possible alors même que les tensions entre gouvernants et populations s'accentuent partout dans le monde. Au cœur de cette ambition, la participation citoyenne à la construction de l'avenir de notre humanité, en toute indépendance, loin des lobbying associatifs et privés et des logiques politiciennes ou d'intérêt. Et force est de constater que, même sur un sujet complexe, dans le cadre d'un dispositif international, c'est une vraie réussite. Les 7 citoyens ont réussi à lever toutes les barrières administratives, techniques, financières et médiatiques sans aucun appui institutionnel, ni financier.

    Aujourd'hui, le projet est en phase de collecte des signatures de soutien. L'objectif est d'atteindre 1 million de signataires dans toute l'Europe, avant novembre 2013, pour garantir une prise en compte par la Commission et une réponse aux propositions formulées. Ce seuil est fixé par le règlement européen 211-2011. « Il y a donc urgence, et toutes les aides possibles seront les bienvenus pour collecter ces signatures dans les pays européens avant l'échéance », insiste Gaël DRILLON, animateur de cette ECI. Et de rajouter : « Tous les citoyens préoccupés par leur santé et leur écosystèmes, par la planète que nous allons laissé aux générations futures, sont donc invités à soutenir le projet en signant la pétition » et en médiatisant / partageant le projet sur les réseaux sociaux, lors de rassemblement ou dans les médias.

    Pour en savoir plus sur le projet, contacter :

    Gaël DRILLON - gaeldrillon@gmail.com

    Pour signer en ligne

    Le site internet du projet (et aussi sur Facebook).


  • L’Union européenne doit donner de la voix face à la répression en Turquie !

    17 juin, par Le Bureau national des Jeunes Européens-France — Les prises de position des Jeunes Européens-France,

    Choqué ! C'est le seul mot qui décrit le sentiment que l'on peut éprouver, à la lecture des derniers témoignages qui nous arrivent de Turquie. Ce samedi 15 juin, après deux semaines d'une répression que le Parlement européen, dans une résolution votée à Strasbourg la semaine dernière, n'a pas manqué de qualifier de « disproportionnée », le pouvoir turc semble avoir perdu la tête.

    C'est effarés et horrifiés, que nous apprenons de la bouche de l'écrivaine journaliste Defne Gürsoy, que, place Taksim, « le parc a été évacué de force avec gaz, jet d'eau contenant des produits chimiques causant des brûlures sur la peau, les balles en plastiques ont blessés des dizaines de personnes, dont une femme enceinte ». Le tout, face à des manifestants pacifiques : la démocratie à la sauce Erdogan, ça interpelle !

    Plus grave encore, des manifestants auraient été séquestrés dans des immeubles, ainsi que des hôtels, avant d'être massivement gazés : ce n'est plus là du maintien de l'ordre, mais bien à une chasse à l'homme à laquelle nous assistons et à une répression d'une violence inqualifiable !

    Face à de telles exactions, le silence de l'Union européenne est coupable. Pourtant, des valeurs aussi fondamentales telles que la démocratie, l'état de droit, ou la liberté d'expression, réaffirmées dans la Charte des droits fondamentaux de l'UE, devraient pousser les Chefs d'État, et en particulier la Haute-Représentante aux affaires extérieures de l'Union européenne, Catherine Ashton à condamner unanimement et rapidement une telle situation. L'Union européenne s'est construite sur le rejet catégorique des violations aux droits fondamentaux et devrait réagir fermement pour demander au gouvernement turc de faire cesser ces exactions policières.

    Les Jeunes Européens-France appellent donc la Commission européenne, par la voix de son Président José Manuel Barroso et de celle de Catherine Ashton, ainsi que les Chefs d'États et de gouvernements, à exiger du Premier Ministre turc Erdogan l'arrêt immédiat des violences.

    Seule la voix forte et unie d'un gouvernement européen et non 27 faibles pourrait exercer une pression suffisante pour obliger le gouvernement de M. Erdogan à mettre un terme à cette situation scandaleuse. Aujourd'hui plus que jamais, l'état de droit vacillant en Turquie et la population turque ont besoin d'entendre cette voix de raison.


  • Pour un succès des élections européennes 2014

    17 juin, par Europe Avenir, Union des Fédéralistes Européens et Wikiconstitution — Associations

    Les élections européennes de 2014 sont critiques : « bonnes » elles apporteront une légitimité aux députés européens, ce qui leur donnera le pouvoir de prendre des initiatives ; « mauvaises » le taux de participation risque d‘être insignifiant et surtout elles peuvent amener, un fort pourcentage de députés eurosceptiques décidés à torpiller l'Union européenne !

    Pourquoi un tel pessimiste ? Parce que les citoyens-électeurs, activement travaillés par les populistes de tous bords, ne voient de l'UE que ses défauts -parfois patents- et parce que ces élections leur apparaissent sans enjeux réels, comme une fade répétition d'élections nationales dont elles ont tous les caractères.

    Un regroupement d'associations françaises qui souhaitent le rapprochement politique des pays et le renforcement de l'UE s'est constitué : LES EUROCITOYENS*. Très préoccupé par l'enjeu électoral, et rejoignant la démarche de la Commission (voir texte joint de la Commissaire Viviane REDING) ce regroupement demande que dès 2014 des modifications sérieuses interviennent dans le processus des élections. Il s'agit de dynamiser cette élection et de permettre aux citoyens de prendre conscience de l'importance des enjeux associés :

    1°-Organiser les élections sur deux jours identiques dans tous les pays. Les bureaux étant ouverts deux fois plus longtemps, les conditions climatiques ou les contraintes personnelles seront moins contraignantes et chacun pourra voter, sans contrevenir à ses principes. Cette procédure nouvelle frappera les esprits et le soir du dernier jour, quand chacun regardera les résultats à la télévision, il sera question de ce qui se passe ailleurs, partout en Europe. Au lieu d'analyser les résultats sur la grille nationale les commentateurs donneront les résultats d'ensemble et feront d'intéressantes comparaisons entre les pays. Pour la première fois le public pourra se sentir citoyen d'une entité Europe à la vie de laquelle il a participé.

    2°-Faire estampiller les listes nationales par un parti européen. Les documents électoraux des partis nationaux comprendront ainsi nécessairement une rubrique présentant le parti européen qui les cautionne. Les électeurs découvriront ces partis -que la plupart du temps ils ignorent- ainsi que leur vision de l'Europe. C'est par rapport à ces politiques européennes qu'ils se positionneront, faisant ainsi un choix de politique européenne autant que nationale.

    3°-Elire le président de la Commission à travers ces élections parlementaires. Les partis européens ayant désigné à l'avance, chacun en son sein, un candidat au poste de Président de la Commission, les listes nationales seront donc patronnées, par une personnalité européenne apparaissant sur les documents électoraux et non par un parti anonyme. Ainsi personnalisé le suffrage sera beaucoup plus motivant car, en votant pour une liste de leur pays, les citoyens voteront automatiquement pour le futur président de la Commission. Le parti européen ayant obtenu la majorité au Parlement enverra sa tête de liste à la présidence de la Commission. Le président de la Commission sera ainsi élu au suffrage direct, sans que les partis puissent se sentir évincés, et sans qu'il ait fallu organiser une consultation supplémentaire spécifique.

    4°Proposer des listes transnationales pour une partie des parlementaires, anticipant ce que le Parlement Européen a proposé pour 2019 lors de sa délibération du 13/03/2013.

    Les électeurs se verront proposer de mettre deux bulletins de vote : l'un pour les candidats des partis nationaux comme présentement, l'autre pour une liste transnationale comportant donc des noms de personnalités de différents pays et proposée par un parti européen.

    Les électeurs auront ainsi à choisir clairement une politique européenne et en même temps leur représentant au Parlement.

    Députés europhiles et députés européens, faites adopter ces propositions qui renforceront vos positions.


  • La naissance de Federal Union (1938 - Londres)

    14 juin, par Sir Charles Kimber — Histoire du fédéralisme européen, ,

    Federal Union est née en septembre 1938, au moment de Munich, dans la colère née du désespoir. Munich contraignit finalement chacun à se déclarer. Certains virent les voyages et la signature de Chamberlain comme une action courageuse qui confirmait et justifiait sa politique d'apaisement ; nous et nos enfants devrions lui être éternellement reconnaissants ; la guerre avait été évitée. D'autres voyaient là une reddition honteuse dans une longue suite de défaite.

    Les antagonismes devinrent passionnés : des amis de longue date ne s'adressèrent plus la parole, des familles se trouvèrent divisées et Hitler continua de vociférer de plus belle. La politique d'apaisement de Chamberlain était le produit d'un gouvernement dominé par une génération d'hommes qui avaient été trop vieux pour se battre en 1914. Ils avaient pensé restaurer leurs propres valeurs victoriennes d'avant-guerre ; le droit de séparer les nationalités, le droit de chaque nation de décider de sa propre politique étrangère appuyée par ses propres forces armées pour défendre cette indépendance. La souveraineté individuelle de chaque nation était considérée comme sacro-sainte ; c'était le devoir de ses jeunes citoyens mâles de mourir pour elle si nécessaire. Tout conflit d'intérêt entre nations serait résolu raisonnablement par des diplomates des parties concernées.

    Les fils de cette vieille génération s'étaient battus dans les tranchées. Mais ceux qui avaient survécu n'avaient pas pris la relève. Ils s'étaient repliés sur eux mêmes et dans les cauchemars que leurs anciens leur avaient demandé de vivre, sur ce qu'ils avaient vu et fait. C'était une génération qui prenait peu de part au gouvernement ; ils laissaient à des hommes vieux, et à des « profiteurs » qui avaient fait de bonnes affaires pendant la guerre « le soin de poursuivre leur oeuvre ». Ceux d'entre eux qui participaient au gouvernement, comme Eden et Macmillan, que Neville Chamberlain surnommait ironiquement « la Brigade des jeunots » avaient été élevés dans les valeurs de leurs pères : ils pouvaient ne pas être d'accord avec leurs aînés, mais ne trouvaient pas le courage de rompre avec eux. Ils pouvaient approuver l'idée d'une Société des Nations (SDN), liées par une alliance commune, mais pas aux dépends de la diplomatie entre des Etats individuels et la formation d'alliances et de contre-alliances ; ces choses là restaient dans l'ordre du jour. Le cordon ombilical resta trop fort, et il devint mortel. L'idée que la SDN pouvait l'emporter sur la diplomatie de l'affrontement entre les nations en son propre nom et en représentant toutes les autres, de la façon que le Traité de la Ligue nouvellement créée semblait rendre possible, n'entrait pas dans leur façon de penser.

    La SDN, en fait n'avait ni l'autorité ni le pouvoir de le faire. Sa constitution établissait que chaque Etat restait libre de conduire sa propre diplomatie, soutenue, si nécessaire par ses propres forces armées. C'était une porte de sortie pour ceux qui voulaient se renier et refuser l'action collective. Cette génération fut suivie par une autre qui avait été trop jeune pour se battre en 1914, mais qui avait juste l'âge qu'il fallait pour être appelée, maintenant, en 1939.

    C'était une génération qui avait grandi, nourrie des écrits de Norman Angell, H. G. Wells, Bertrand Russel et bien d'autres, avec des tas de publications, avec également des débats dans les associations de l'Union pour la SDN, dans tout le pays. Tous identifiaient la « souveraineté nationale » comme la menace et la racine d'où surgissaient les guerres. Ils en étaient venus à considérer la « sécurité collective » sous le Traité de la SDN comme la promesse solennelle que leurs pères n'avaient pas fait le sacrifice de leur vie pour rien. La Nouvelle alliance avec ses connotations bibliques était une expression appropriée. 10 Cité, dans, Hugo Young, This Blessed Plot, chapitre 1.

    Bien qu'en âge de se battre c'était une génération qui n'avait pas assez d'expérience pour faire partie du gouvernement. Même Eden et Mac Millan, de la génération précédente, n'étaient traités que comme des apprentis prometteurs que leurs aînés pouvaient ignorer ou laisser sur la voie de garage. Cependant les anciens qui étaient aux commandes découvraient que la « sécurité collective » leur faisait gagner des électeurs, mais en privé ils n'avaient que mépris pour cette idée. Les jeunes étaient assez naïfs pour croire qu'ils prenaient au sérieux ce qu'ils disaient. Le moment de vérité survint en 1935 lorsque Mussolini commença de menacer d'envahir l'Abyssinie. En juin, 11 millions d'électeurs en Grande-Bretagne votèrent pour des sanctions contre Mussolini s'il mettait ses menaces à exécution ; 9 millions votaient pour des sanctions militaires. « C'est terriblement méchant » dit Neville Chamberlain, qui avait soixante six ans et attendait son tour d'être Premier ministre. On peut citer une paraphrase du compte-rendu de ce qui suivit dans Le vent du changement d'Harold Macmillan. Le onze septembre le Secrétaire aux affaires étrangères, Samuel Hoare, fit ce qu'il décrivit comme un « appel de renaissance à l'Assemblée de la SDN ». Au mieux, dit-il, cela pouvait commencer un nouveau chapitre dans le renouveau de la Ligue. Le discours cependant avait été soigneusement vérifié par le Foreign Office et Neville Chamberlain. Néanmoins, Hoare proclama hardiment « la Ligue approuve, et mon pays approuve avec elle, le maintien collectif du Traité dans son intégralité… S'il faut porter ce fardeau il faut le porter collectivement. Au nom du gouvernement de sa Majesté, je peux dire qu'en dépit de ces difficultés, ce gouvernement ne le cédera à personne dans ses intentions de remplir, dans la mesure de ses capacités, les obligations que le Traité lui impose » . Le jour suivant deux croiseurs lourds et une escadre de croiseurs arriva àGibraltar, pour confirmer ses paroles. L'effet produit, dans le monde entier, rapporte Macmillan fut sensationnel. Le représentant de la Belgique à la SDN, par exemple, souligna que « les Britanniques ont décidé d'arrêter Mussolini, même si cela implique l'usage de la force ».

    Macmillan ajouta, « en Grande Bretagne » la réaction fut immédiate et impressionnante, la décision réveilla le sens de l'unité et de l'orgueil national ; « une fois de plus nous allions reprendre la place qui nous revenait dans l'ordre mondial. L'Amérique restait neutre, l'Allemagne était hostile ; les nations démocratiques se tournaient maintenant vers nous, et nous ne voulions pas les décevoir. La Grande-Bretagne, une fois encore montrait le chemin »… Mussolini ne se laissa pas bluffer ; il poursuivit son entreprise et envahit l'Abyssinie. Il y eut alors une pause pendant que Baldwin appelait à des élections générales ; cela eut pour effet de donner aux « vieillards » le temps de souffler et de se remettre de leur surprise. Baldwin fit campagne sur un programme politique qui comprenait le soutien à la SDN et le réarmement pour soutenir la sécurité collective. Pendant ce temps, les diplomates et Neville Chamberlain entre autres, poursuivirent doucement le travail pour effacer les dommages, qu'à leurs yeux, le discours de Hoare avait causés.

    Ayant remporté l'élection sur une politique de soutien à la SDN, cependant le gouvernement comme l'écrivait Macmillan était engagé « sur son honneur », en dépit d'une phrase de réserve ici ou là, à arrêter Mussolini. Quand la Chambre des Communes se réunit en novembre, personne -au Parlement ou au dehors- ne doutait que c'était « leur ferme intention ». Le Secrétaire aux affaires étrangères et le Foreign Office pensaient tout autrement. Moins de quinze jours plus tard le Secrétaire aux Affaires étrangères, Samuel Hoare, en route pour prendre des vacances en Suisse, s'arrêta à Paris ; le chef du Foreign Office se trouvait, comme par hasard également à Paris, et l'accord avec Pierre Laval qui laissait Mussolini libre d'occuper presque toute l'Abyssinie fut conclu et signé sans aucune consultation avec Londres. Il ne resta à l'Abyssinie que ce que le Times décrivit dans une formule célèbre « un couloir pour les chameaux » pour rejoindre la mer.

    Dans sa biographie de Neville Chamberlain, écrite environ un quart de siècle plus tard, Jan Macleod porta un jugement correct. « Historiquement », écrivait-il, « la crise abyssinienne a souvent été présentée comme un intermède comparé avec le drame principal de l'avance de l'Allemagne à la conquête du monde. En fait ce fut le tournant des années trente. Hitler s'empressa d'agir devant l'évidence de notre faiblesse ». Au bout de deux mois, à peine, ses troupes occupèrent la Rhénanie en violation du Traité de Versailles. Pas plus que Mussolini en Abyssinie, il ne rencontra d'opposition.

    L'ignoble trahison de Hoare à l'égard de l'Abyssinie fut finalement l'arrêt de mort de la SDN ; il avait été démontré qu'elle était impuissante, sans autorité ni leadership. La Grande-Bretagne avait eu sa chance d'en prendre la direction mais elle n'en avait pas eu le courage. Hoare et ses associés vieillissants, avaient mis fin à toute son action future au nom de la SDN. L'illusion comme quoi on pouvait compter sur la « sécurité affective », et la trahison qui avait assuré qu'elle ne marcherait pas, avaient été mises en évidence. Le mémorial à la mémoire des millions d'hommes morts pendant la guerre de 1914 avait été démoli sans vergogne. Les « vieux » furent sérieusement surpris par la réaction publique et ils discutèrent désespérément pour savoir à qui faire porter les torts et finalement ils durent sacrifier Hoare en le remplaçant par Eden.

    Mais au fur et à mesure que 1936 passait, toute l'attention se concentra sur l'accélération du rythme des évènements - l'occupation de la Rhénanie, la participation d'Hitler et de Mussolini à la guerre civile espagnole du côté d'un dictateur de leurs amis, la non-intervention de la Grande-Bretagne, l'assassinat de Dollfus et l'occupation de l'Autriche. Beaucoup de jeunes avaient déjà choisi leur camp et avaient été tellement scandalisés qu'ils étaient partis en Espagne pour lutter contre les dictateurs. Mais l'opinion publique en général commença seulement de ressentir un frémissement de crainte, tout en restant incrédule. Peu de gens étaient prêts à penser l'impensable : que les dictateurs pourraient avoir des idées qui iraient au delà des réparations de ce que le Traité de Paix n'avait pas arrangé en 1919. Bien qu'ils puissent se montrer utiles comme « un rempart contre le communisme » les dictateurs pourraient, après tout, être assez fous pour se diriger vers une répétition des horreurs passées : une guerre de revanche qui réaffirmerait leur orgueil national. Un clivage de l'opinion publique commençait de s'ouvrir, qui deviendrait un abîme à Munich. L'année suivante Neville Chamberlain, devenu Premier ministre, prit effectivement en main les relations avec les dictateurs, agissant dans le dos d'Eden : et inévitablement la déchirure ne fit que s'aggraver.

    C'est sur cet arrière plan, et il ne faut pas s'en étonner puisque c'était leur avenir qui était en jeu, que beaucoup de jeunes se mirent à débattre entre eux des raisons de l'échec de la SDN dans laquelle ils avaient été encouragés par leurs aînés à placer tant de confiance.

    En 1935, deux jeunes hommes, qui avaient fréquenté la même école et quitté Oxford seulement deux ans avant, se retrouvèrent à travailler pour le même homme ; l'un Derek Rawnslay quitta bientôt cet emploi pour lancer deux affaires personnelles, les deux ayant trait au cinéma. L'autre, Charles Kimber, resta dans la presse et dans les départements politiques de compagnies pétrolières, visant une carrière politique. Ils se mirent à déjeuner ensemble, pratiquement chaque semaine et ils furent bientôt rejoints par d'autres. Inévitablement ils soulevèrent la question et se trouvèrent d'accord sur le fait que, les chefs d'Etat, chacun agissant au nom de son pays (écho du principe « l'Etat c'est moi ») on ne pouvait pas leur faire confiance pour agir collectivement. La SDN elle-même aurait dû avoir le pouvoir d'agir, mais pour cela il lui fallait des forces sous son propre commandement ; elle aurait dû être composée de membres élus pour autoriser l'usage de ces forces, plutôt que de chefs d'Etats qui étaient des chefs de partis politiques, chacun prétendant représenter même ses opposants.

    Munich c'était plus que ce que Rawnsley ne pouvait encaisser. Il appela Kimber, et lui dit « Charles, il nous faut faire quelque chose. Si tu quittes ‘ce vieux Mudlitup' (notre surnom pour notre patron) tu peux prendre une pièce dans mon bureau de Gordon Square et nous lancerons une organisation ». Kimber, dont l'indignation était égale, démissionna immédiatement de son emploi et déménagea au bureau de Rawnslay au 44 Gordon Square. Là, il se mit tout de suite à écrire une brochure qui devait expliquer les buts de l'organisation ; tandis qu'il rédigeait, les deux amis furent présentés à Patrick Ransome, un journaliste indépendant qui avait une licence de première classe en droit international. Il leur dit que ce qu'ils proposaient étaient une fédération et leur proposa de se joindre à eux. Ils se mirent d'accord sur la brochure qui fut tirée à plusieurs exemplaires. Puis chacun des trois envoya des exemplaires à ceux de ses amis pouvant être intéressés et une réunion enthousiaste de soixante ou soixante dix personnes approuva ce qui avait été écrit. Qui plus est, ils collectèrent de l'argent pour que le document soit imprimé et distribué ; Kimber choisit quelques 400 noms dans le Who is who, qui s'intéressaient aux affaires internationales et il leur porta le document sous le titre Federal Union avec une lettre d'introduction manuscrite dans chaque enveloppe.

    Les réactions furent étonnantes ; Kimber et Ransome (Rawnsley étant totalement pris par ses affaires) furent très occupés à interviewer ceux qui avaient répondu. Parmi ceux-là il y en eut qui proposèrent une aide personnell et une réunion avec eux fut organisée. Un Comité consultatif fut recruté, comprenant Lord Lothian, des membres du Kindergarten de Milner pour la reconstruction de l'Afrique du Sud après la guerre des Boers et secrétaire personnel de Lloyd George à la Conférence de la paix de Versailles ; également Lionel Curtis qui était un des « jeunes hommes » de Lord Milner et le fondateur de Chatham House (l'Institut Royal pour les affaires internationales), le professeur Barbara Wooton, directrice des Etudes sociales à l'Université de Londres, Wickham Steed ex-rédacteur en chef du Times, et Kingsley Martin, rédacteur du New Statesman qui était alors l'hebdomadaire obligé de tous ceux qui s'intéressaient à la politique.

    Ils suggérèrent une courte profession de foi, brève déclaration, que chacun fit circuler parmi les personnalités haut placées et de bonne volonté de ses connaissances pour qu'ils la signent. Tout signataire exprimait son soutien pour une Assemblée supra-nationale plutôt qu'internationale ; mais ils ne se déclaraient pas membres de Federal Union bien que leurs signatures puissent être utilisées à des fins de propagande pour l'organisation. La liste des personnalités en vue parmi les signataires, quand le document fut publié, était impressionnante. Elle fut publiée sous forme de tract, on doit pouvoir en trouver des copies aux Archives de Federal Union (à la LES, la London School of Economics), avec beaucoup d'autres documents. Dans la même période, Gordon Square avait envoyé des lettres à la presse, aussi bien nationale que locale, ce qui déclencha une averse puis un flot de réponses. Une bonne partie disait, « c'est exactement ce que nous pensions » ; un nombre important envoyait de l'argent. En retour on leur conseillait de faire ce que les fondateurs avaient fait : organiser une réunion d'amis de la même opinion et créer une section. Federal Union était en route. D'abord il n'y eut qu'un secrétaire, puis un petit bureau soutenu par de nombreux jeunes qui prêtèrent leur concours bénévolement. Puis des statuts furent adoptés à une réunion des représentants des sections qui s'accompagna d'un Conseil général et d'un Comité exécutif.

    Il est difficile de savoir combien de membres versèrent une cotisation. 14.000 est un chiffre, 60.000 en est un autre. On est en général d'accord sur le fait qu'il y avait plus de 200 sections dans tout le pays. Ce qui est certain c'est que moins de dix-huit mois après avoir envoyé la brochure d'origine, Federal Union était devenue tellement connue et soulevait tellement d'intérêt qu'un meeting dans l'Old Queens Hall, l'auditorium où avaient lieu les Concerts Promenade de Henry Wood (bientôt anéanti par les bombes) en remplit les deux ou trois mille places.

    Au cours de l'année avant qu'Hitler ne déclare la guerre, et pendant une bonne partie de l'année suivante tandis qu'il se concentrait ailleurs, la Grande-Bretagne profita de la « drôle de guerre ». Lord Lothian écrivit The Ending of Armageddon et en fit don à Federal Union pour distribution à ses membres. De plus en plus de sections furent créées à mesure que le nombre de membres et l'argent augmentait. Federal Union n'eut jamais de très gros sponsors. D'autres organisations virent le jour, parmi elles le New Commonwealth de Sir Richard Acland, soutenu par le Picture Post de Edward Hulton -qui soutenait également Federal Union. Mais les mois passaient et la mobilisation commença à avoir de sérieux effets : de plus en plus de membres furent appelés pour le service militaire, les cotisations et le nombre de membres commencèrent de chuter. Au début de la guerre, Sir William Beveridge acheva une tâche qu'il avait confiée à Rawnslay ancien étudiant à l'University College à l'époque où Beveridge le dirigeait. Beveridge créa un Institut de Recherche de Federal Union, avec Ransome comme secrétaire en recrutant un certain nombre de personnalités éminentes, chacune dans son champ d'étude. Il forma des groupes pour discuter des effets d'une fédération européenne dans leurs spécialités respectives et pour faire rédiger des conclusions à un membre de chaque groupe. Federal Union publia las résultats dans une série de Federal Tracts. Les professeurs Lionel Robbins, Ivor Jennings, Barbara Wooton, le Dr. C.M. Joard et Lord Lugard figuraient parmi les auteurs. L'Institut survécut à la guerre et devint le Federal Trust (qui existe encore actuellement). Les sections et l'organisation telle qu'elle avait commencé n'y survécurent pas. Quand les bombes commencèrent de tomber, Federal Union, sous cette forme, comme toutes les autres associations volontaires faites de sections locales, furent parmi les victimes. Rawnsley avait été mobilisé. Il fut tué (accidentellement) et Kimber donna sa démission. R. W. G. Mackay, plus tard membre du Parlement prit le relais, mais mourut prématurément. Federal Union d'après-guerre, que John Pinder rejoignit il y a plus de 50 ans, était une organisation bien différente, inévitablement, de celle d'avant-guerre, fondée il y a soixante ans et bien qu'elle conserve le même nom.

    Quels résultats avait eu Federal Union, en supposant qu'elle en ait eu ?

    Les « grands et les bons » avaient été prêts à signer la Déclaration d'intentions avant la guerre, mais sans s'engager à adhérer à l'organisation. C'était, cependant, une contribution importante. Mais cela serait passé inaperçu, si Federal Union elle-même n'avait pas été là pour lancer l'opération et en assurer la publicité. Federal Union avait fait assez de bruit pour pouvoir revendiquer, avec quelque raison, qu'elle avait porté l'offre d'union avec la France jusqu'à « l'art du possible » (du moins dans un moment désespéré). Mais elle peut aussi prétendre avoir mis la fédération au premier rang de l'agenda des discussions publiques sur les « buts de guerre » -autant que le permettait l'insistance de Churchill sur « la reddition sans condition ».

    « L'Europe doit se fédérer ou périr », dit Clément Attlee, en 1938. L'opinion étant maintenant divisée sur des lignes partisanes, en Grande-Bretagne, à l'heure qu'il est, les allégeances aux partis sont trop fortes pour permettre à ceux qui veulent une union véritable de se rassembler. A moins qu'ils n'y parviennent, Attlee aura raison et l'Europe restera un ramassis de petits Etats égoïstes, chacun exerçant sa « souveraineté nationale » en décidant de succomber à la corruption, aux pressions ou à la flatterie d'un Empire américain à la puissance écrasante.

    Article publié par Fédéchoses et The Federalist Debate - Turin


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